Oriane Gérard - Community Manager indépendante

25 mai 2013
Oriane Gérard
‘‘Le web sera toujours plus social. La notion de « recommandation » va prendre encore plus d’importance ces prochaines années. ’’

Vous googlelisez-vous souvent ?
Non, car j’ai mes alertes. J’utilise aussi Mention, une application de veille des réseaux sociaux et du net. Je suis donc informée en permanence de ce qui se dit sur moi.

Votre première fois sur internet ?
Je devais être au lycée. C’était le temps de Wanadoo et du bruit si caractéristique des vieux modems. A l’époque on ne s’échangeait pas encore nos numéros de portable, mais nos adresses mail. Je passais évidemment beaucoup de temps sur MSN pour chatter. Un peu plus tard, un copain m’a fait découvrir Viaduc, l’ancêtre de Viadeo.

Un site ?
Je consulte essentiellement des sites d’actualité professionnelle du monde de la communication et du marketing pour faire ma veille. Je consulte très souvent DocNews pour le relais qu’ils font des opérations de street marketing par exemple, et plus généralement les opérations de marketing digital. J’aime aussi beaucoup Influencia, c’est mon outil de prédilection lorsque je recherche des analyses prospectives sur les tendances numériques, sociétales, comportementales…

Un outil ?
Mon métier c’est community manager. Avec TweetDeck, je peux gérer toutes les conversations sur mes profils sociaux dans une même interface. Je balaie tout d’un seul coup d’œil : super pratique et efficace !

Un projet, un exemple, un acteur à suivre ?
L’école de Xavier Niel : je suis littéralement subjuguée par leurs cours. Et l’analyse que fait Niel du système éducatif français est super pertinente. C’est une très bonne école, ouverte, qui fait sortir des carcans universitaires classiques. Cela fait du bien de voir qu’un entrepreneur français se bouge pour faire évoluer le système éducatif français.

Ce que vous détestez sur internet ?
Et bien… plein de choses ! Les billets creux de blogueurs qui tendent démontrer une expertise qu’ils ne maîtrisent pas. Les marques qui se positionnent sur les réseaux sociaux mais ne prennent pas la peine de répondre aux questions posées par leur communauté. Les community managers qui font mal leur travail d’animation communautaire, car ils surfent sur la vague sans vision précise de leur métier… Le community management est galvaudé : les entreprises prennent des stagiaires non formés pour faire du CM, sans même fixer d’objectifs relationnels et marketing. Après, elles s’étonnent que cela ne fonctionne pas.
Prenons un exemple : le SAV sur internet, n’est pas une fin en soi. Combien de marques ou d’entreprises capitalisent sur les retours et observations des internautes pour proposer de nouveaux ou de meilleurs services ? L’évolution logique d’une démarche de marque sur les réseaux est la « co-création », c’est-à-dire, co-construire de nouveaux services à l’aide du web communautaire. Je remarque que quand une marque accepte le dialogue, elle progresse dans sa relation avec ses clients.

Contribuez-vous personnellement à internet ?
Je rédigeais à des fins professionnelles sur le blog de mon agence (NDLR : Oriane est depuis devenue community manager freelance), je contribue aussi sur des blogs professionnels pour parler métier et faire valoir mon point de vue.
Et j’ai mon Tumblr personnel : Je suis un sac de sable. Le « sac de sable » est le surnom donné aux passagers à moto (mon copain est motard). C’est sans équivoque ! Je publie des GIF animés sur le sujet et quelques réflexions marrantes sur ma vie de sac de sable.

L’internet de demain, vous le voyez comment ?
Toujours plus social. La notion de « recommandation » va prendre encore plus d’importance ces prochaines années. La question est de savoir comment les marques pourront encore trouver leur place dans cet écosystème qui devient une agora. Quelle sera leur légitimité à vendre un service ou un produit sur le net, ou tout simplement se faire entendre alors que le consommateur croit de moins en moins à la publicité ?

Quel métier web conseilleriez-vous à votre fils ou à votre fille ?
Sans aucun doute développeur : on en manque terriblement et c’est une fonction où l’expertise compte. Les développeurs n’ont pas de problème pour trouver du travail, en changer, acquérir de l’expérience. Et ils sont sur-sollicités par les recruteurs. Et, plus que tout, je suis admirative des personnes qui conçoivent un site ex nihilo car c’est un véritable processus créatif qui se cache derrière le code.

3 conseils que vous donneriez à un directeur marketing.
Je l’exhorterais à sortir des discours corporate convenus pour offrir à vivre de vraies expériences aux internautes. Le consommateur doit être considéré comme un individu, non une masse informe.
Je lui conseillerais ensuite d’en dégager des tendances pour faire évoluer le discours de sa marque, son offre.
Enfin, je lui dirais de parler vrai, d’être honnête et investi, par exemple en s’inscrivant dans une démarche partenariale sincère avec un acteur du développement durable. Non pour faire du green washing, mais pour démontrer concrètement la responsabilité sociale et environnementale de son entreprise.

A propos de Oriane Gérard :
Community Manager depuis 3 ans, Oriane a collaboré avec de grands comptes nationaux (Aéroports de Paris, Gifi) tout en se spécialisant dans le domaine du BtoB (Sage France, Orange Business Services). Aujourd'hui freelance, elle met ses compétences, ses idées et son énergie au service de start-ups et agences de communication. Retrouvez-là sur LinkedIn et Twitter.
2 Comments On This Topic
  1. cedric
    on Août 22nd at 12 h 10 min

    Très belle vision du métier et du secteur.
    Souhaitons à Oriane le maximum de succès dans ses nouvelles attributions.

    • Oriane
      on Nov 20th at 18 h 29 min

      C’est gentil ça 🙂 merci Cédric !
      Petit update, je suis désormais chargée de com et développement à l’ISEG Marketing & Communication School, nouveau challenge, nouveaux défis, pour mon plus grand bonheur 🙂


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